Kem One fait construire deux automoteurs diesel-électrique pour le Rhône

L'étude menée par Norlink devrait permettre de comprendre comment de telle motorisations seraient pertinentes sur notre nation qui a des conditions de navigation très différentes.

 

Dans le Nord de l’Europe, Sendo Shipping exploite trois porte-conteneurs fluviaux équipés d’une motorisation hybride diesel-électrique depuis 2020. Cette expérience semble avoir inspiré Kem One. Invité du webinaire organisé le 28 juin par VNF avec le concours de l’Union française de l’électricité (UFE), son directeur achats et supply chain Pierre Fauvarque a dévoilé le projet du chimiste d’exploiter des automoteurs hybrides diesel-électrique sur le Rhône. "Leur construction débutera en septembre aux Pays-Bas pour une mise en service entre fin 2022 et début 2023". Ces unités fluviales mesureront 120 mètres de long et 11,45 mètres de large pour une capacité de 2.400 tonnes. "Elles serviront au transport de matières premières, dont de gaz, entre nos usines de Fos et de Lyon".



Un investissement de 20 millions

Kem One, qui compte parmi les principaux chargeurs fluviaux sur le Rhône, a choisi la motorisation hybride diesel-électrique "pour ses qualités environnementales et son potentiel d’évolution". La durée de vie estimée des deux automoteurs est d’une quarantaine d’années. Elle ouvre "la possibilité de changer pour des carburants verts comme l’hydrogène". D’ores et déjà, ils disposeront de trois générateurs électriques "qui optimiseront leur régime moteur avec des gains de consommation de carburant évalués à plus de 35 %".

 

"Aménagement de branchements électriques à quai sur l’ensemble du réseau en 2025"


La motorisation choisie respecte la nouvelle norme EMNR phase 5, "qui impose des réductions drastiques des émissions de Nox, de CO2 et de particules". Autres innovations, les deux bateaux seront équipés d’un dispositif de traitement des eaux usées et de systèmes de branchement électrique à quai. Leur construction financée par Kem One représente un investissement de plus de 20 millions d'euros.



Déploiement de bornes sur le réseau fluvial

Lors du webinaire, VNF a présenté sa stratégie "électrique" pour le transport fluvial. Dans le domaine du fret, elle prévoit "l’aménagement de branchements à quai sur l’ensemble du réseau d’ici 2025", annonce son directeur général Thierry Guimbaud. Sur l’axe Seine par exemple, 078 bornes dont 68 pour le fret doivent être créées d’ici 2023 avec le concours d'Haropa Port. "Il s’agit d’un investissement de 9,24 millions d'euros cofinancé par l'UE (20 %) et par le dispositif des Certificats d’économie d’énergie (10 %)".
Leur accès sera facilité par le portail web unique appelé "Borne & Eau" qui intégrera un module de paiement et de facturation. De son côté, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) prévoit d’équiper onze de ses ports en bornes électriques d’ici 2025. Ces déploiements pourront s’inspirer de l’expérience du Grand Port maritime de Marseille sur les branchements à quai présentée par son délégué général Stéphane Reiche lors du webinaire.

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